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08 juillet 2024

L'affaire ASUNTA

 


Il s'agit d'un documentaire-fiction sur Netfllix qui revient sur l'enlèvement et le meurtre de la jeune Asunta Basterra Porto. 

Asunta avait 12 ans lorqu'elle a disparu le soir du 21 décembre 2013 en Galice. Son corps sans vie est retrouvé le lendemain.  Asunta avait été adoptée en Asie par le couple composé de l'avocate Rosario Porto Ortega et l'universitaire Francisco Porto Mella. 

Ces deux derniers vivaient depuis peu séparément, leurs appartements étant cependant à une moins d'une centaine de mètres. L'enfant allait et venait librement. 

Le documentaire revient sur les derniers jours précédant le meurtre et sur le procès qui a finalement condamné en 2015 les deux parents pour assassinat avec circonstances aggravantes de parentèle (asesinato con concurrencia del agrante del parentesco). 

Tous les acteurs (parents, flics, juge) sont excellents. Le documentaire nous montre l'acharnement immédiat des médias à l'encontre des parents. 

Il est vrai que le doute pèse sur eux et leurs témoignages, parfois contradictoires, ne vont pas en leur faveur. Mais la presse n'a que faire de la présomption d'innocence. 

J'ai découvert la justice espagnole et j'avoue que le Galicien parle très vite mais est assez compréhensible pour une Française qui a fait quelques années d'espagnol. Je me suis assez vite habituée, souvent les mots sont différents mais suffisamment proches pour être compris (les comprimés : las pastillas).

J'ai beaucoup aimé le choix du réalisateur, le fait de partager avec nous chaque minute du procès, l'obsession du procureur pour les faire condamner, la pression des médias mais aussi les erreurs de procédure. Et l'attitude très ambigüe des parents. Car l'affaire va connaître plusieurs rebondissements. 

Ainsi l'ADN d'un homme déjà condamné pour agression sexuelle, va être retrouvé sur les vêtements de l'enfant mais ce dernier a un alibi en béton...

J'ai beaucoup aimé ce documentaire même si je me pose toujours autant de questions car le procès n'a apporté, hélas, aucune réponse. Surtout pour la présence inexpliquée d'une forte quantité de lorazepram dans le corps de la fillette (l'équivalent de plus de 30 comprimés). Sa mère en prenait régulièrement, et le père est allé dans au moins 3 pharmacies s'en procurer, selon lui, pour son épouse (ex-épouse). 

Le comportement du père qui a toujours refusé de témoigner et d'aller contre sa femme est aussi très ambigu. Leur décision d'être jugés ensemble a sans doute mené à leur perte, comme leur incapacité à se défendre et pour le père, à parler. La mère d'Asunta avait une liaison et est allée rejoindre son amant. Son ex-mari a toujours refusé d'en parler. Ils avaient l'air d'être toujours mari et femme. 

Par contre, la douleur de la mère est vraiment visible. J'ai aussi beaucoup aimé la manière dont elle a défendu son époux sur les photos prises de leur fille en tutu. Elle était comme toutes les petites filles. La mère m'a vraiment touchée. J'ai moi-même oublié une partie de mon enfance suite à un incident traumatique. Je comprends qu'on puisse oublier des heures entières après un tel évènement. J'ai été surprise du manque de défense en ce sens là. 

J'avoue que si j'avais été jurée, j'aurais sans doute voté non coupable, car l'accusation n'a pu fournir aucune preuve tangible, de la présence du père ce soir-là sur les lieux (ce qui a été retenu), ou d'ADN, etc. Rien. De plus, il n'existe aucun motif. Ils aimaient leurs filles, et quand on voit le nombre de photos, de souvenirs, je ne doute pas de leur amour pour leur enfant. 

Et pourtant ils ont été condamnés. J'ai appris que Rosario Porto Ortega s'était suicidée en 2020. Ce n'était pas sa première tentative. Contrairement à d'autres, ce n'est pas pour moi une preuve de culpabilité, plutôt d'innocence. Elle ne supportait plus de vivre sans sa fille. Je comprends que certains penchent pour la culpabilité, mais le doute doit toujours bénéficier à l'accusé. 

Les images d'Asunta à la fin du documentaire sont très émouvantes. Je n'ai pas pu m'empêcher de verser une larme. Une pensée pour elle ce soir. 




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